Archives de la catégorie Poèmes
L’heure – Contre les violences faites aux femmes
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes le 31 juillet 2011
Je le sens si brutal, sait-il au moins qu’il l’est ?
Comment fait-il cela, pénétrer si secret
Dans mon intimité, sans avoir demandé
Si je consens ou non, de le lui accorder ?
Sors, ne reviens jamais, toi si vil, toi si laid
Qui est entré en moi et a tout massacré
La beauté, l’élégance, qu’aujourd’hui j’ai bridé
De peur que tout s’étale, en dehors, dénudé.
Chaque jour ils sont tant, de bouchers, d’abatteurs
Qui ne se soucient pas où ils vont, ce qu’ils tuent
Et le font sans pudeur, dans nos corps, dans nos cœurs.
Partez maintenant ! Car nous n’avons plus peur
De vous montrer du doigt ! D’autres qui se sont tus
Seront tous avec moi, contre vous, il est l’heure.
Île
Posté par Xavier Aliot dans Photo, Poèmes le 13 mars 2011
Des étoiles en plein jour ! Je les vois scintiller,
Crépiter sous mes yeux ; reflets d’un ciel d’hiver,
D’un soleil tout puissant, n’arrêtant de briller
Qu’au seul fugace instant où je clos mes paupières.
Alors je me délecte du pouvoir de la mer
De capter tous ces feux, tous ces dieux par milliers
Qu’elle renvoie en tout sens, un diamant bleu et vert
Un trésor, une essence, un esprit, une prière…
Toi Méditerranée, rencontrée en Sicile,
Tu racontes à mon coeur, Ô combien, oui ! Je vis !
Tu me parles italien, tu remplies tout mon corps,
Pour toutes les années que je vivrai encore,
D’un amour, d’une chaleur, d’un désir, d’une envie,
Tu as tissé un lien entre moi et cette île…
Aux abords d’une rambarde, par un jour extraordinaire, j’ai rencontré d’un seul tenant, d’un seul coup, la Sicile, l’Etna, Syracuse, et cette mer que je croyais connaître, tout ce Monde qui a frappé mes yeux, qui a touché mon coeur, vit dorénavant comme une lumière en moi.
Naître
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes le 11 janvier 2011
C’est curieux que l’on croise au hasard des regards
Qui causent à nos âmes, qui nous disent désirs,
Intrigues et fantasmes, que l’on aimerait voir
Plus au fond dans les yeux ; et puis ses joues rosir
Alors que l’on se toise, nos sourires en miroir.
Un homme et une femme, qui goutent le plaisir
Et qui au pas du phasme, avancent dans le noir
Pas à pas, l’un vers l’autre, l’un de l’autre s’instruire.
On s’assied et on sème, un mot, quelques lettres,
On fend le sas, y a-t-il de l’air en surface ?
Oui ici, entre nous, pour un instant fugace,
On s’aime à satiété, effaçant les espaces…
Ça ! Si hiatus il reste, je veux qu’on les efface
Et qu’on se donne tout ce qui nous à fait naître.
Tue
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes le 29 décembre 2010
Je lutte et je combats pour me tenir debout,
Faire front aux affronts du temps qui s’enfuit !
J’aime tant que je peux, tout le jour et la nuit,
Et j’aime encore après, oui, toujours, jusqu’au bout !
J’affute et je débats mes pensées sans tabous,
J’appointe un crayon rond pour que ce que j’écris
Soit précis, fin et feu ! Plus jamais je ne fuis
Ou ne dort dans le pré, non, je suis l’eau qui boue !
Car si une seul’ fois, je me plie face au vent,
Je laisse mon regard devenir vagabond,
Et qu’au hasard je donne mon vice et ma vertu,
Si je n’ai plus la foi, que mon âme je vends,
Alors oui, je m’égare, et mourir sera bon.
C’est ce qu’on abandonne qui à la fin nous tue.
Voile
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes le 20 novembre 2010
Temps, soit le silence. Couvre cette blessure
Et souffle sur mes plaies. Efface-le, ce son
De la lame d’acier qui dit ceci : « Passion !
Dissocie-toi de moi, fuit, je te censure ».
Là… Enfin, ton absence. Sur ma peau la morsure,
Le feu s’est adouci… Si… Nous nous connaissions.
Sous ce glacier, enfouis, ces imprécis frissons
Se sont tous affaissés, c’est fini j’en suis sûr.
Et le fil des ans passe, et la vie se dévoile,
Je continue de vivre dans cet intervalle.
Mais il y a ceci, qui prend toute la place.
Il est temps, mais je fuis… Et je suis là, en face,
Juste là, devant toi, je vois ta couleur pâle,
Et ce qui nous sépare est aussi fin qu’un voile.
Pourrie
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes, Politique le 24 octobre 2010
Il est une musique invisible à l’ouïe nue,
Qui endort les esprits, qui creuse abondamment
Pour y planter l’indigne idée bien convenue
Qu’ainsi tout devrait être et non pas autrement.
Une fois bien apprise, la leçon retenue,
On devient amnésique de son enseignement.
Elle est en nous, mutine, de nous, presque inconnue,
Et pourtant dévorée par notre entendement.
Elle est une eau stagnante, fourmillant de fantômes
Prêts à éclore enfin quand une émeute éclate
Sur le front d’un parvis, dans les rues de Paris,
Défions nous du projet de ce monde où les hommes
Doivent marcher au pas comme de vils automates
Se dire que c’est ainsi, c’est une idée pourrie !
Peine
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes, Politique le 21 octobre 2010
L’entreprise est ardue, commencer quelque chose,
Démarrer de zéro, élaborer des plans,
S’évader du cachot qui au cours de trente ans,
Arborait des barreaux sur mon envie de prose…
Je me sens si perdu, souvent. J’en sais la cause :
J’entends crier « Haro » dans mon être dolent
Qui a froid, qui a chaud, qui ne sait, chancelant,
S’il finira ses mots, quittera sa névrose…
J’ai peur d’être mauvais, d’écrire à perdre haleine
Des poèmes sans fond, des vers bien inutiles
Que d’aucuns ne saisissent, même pas moi seul…
Pourquoi la poésie ? Reviens moi, toi, l’aïeul
De ce désir profond, rends-moi l’âme fertile
Dis le moi ! Où je vais ? Que tout ça vaut la peine…
D’eux
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes le 17 octobre 2010
Les autres ! En voilà des intrus persistants.
Des accrocs, des barrages, des contretemps titans !
Où que je regarde, Où que je me pose,
Ils sont là, entre moi et le reste, ils s’opposent,
S’interfacent et m’effacent aux mondes et aux choses,
Me rendant tout comme eux, l’artefact morose
De parents éloignés, un pareil apparent,
Miroir de mon être pourtant si différent…
Au fond je suis le même… Pire ! Je suis celui
Que ces autres me disent, nous sommes ! Moi et lui…
Sise et concise est mon âme en leurs yeux.
Paroxisme ou abime ? C’est bien en moi que luit
Leur existence à eux, mille gouttes de pluie…
Et alors ? Ne serais-je qu’une entremise d’eux ?
Voix
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes le 5 septembre 2010
Il est en ce monde quelques justices infâmes
Qui s’érigent aux noms d’institutions, de dieux,
Pour dire leurs sentences, exprimer l’insidieux
Qui donnera la chair à ces gens qu’ils affament…
Sur dix, il suffit d’une, une, contre neuf âmes,
Qui se lève et dise non, pour que l’air mélodieux
De la dissidence jette un combat radieux
Sur ces crimes immondes que subissent les femmes.
Celui qui a la force, peu importe laquelle,
Doit l’offrir à celui, à celle qui ne l’a pas.
Je n’ai que poésie, j’ai choisi cette voie.
Mais rien n’est vain je crois, un émoi est rebelle,
Un murmure devient bruit, un bruit devient fracas,
À condition que tous, nous offrions nos voix !
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Ce poème pour Sakineh Mohammadi Ashtiani, pour toutes les femmes, les hommes, les homo-sexuels, les aliénés, les parias, les sans-droits,
Ce poème contre ceux qui les jugent, qui les accusent, qui les nient, qui les enferment, qui les tuent, qui les torturent, qui les lapident,
Ce poème comme un murmure qui j’espère se joindra au bruit, se joindra au fracas qui fera reculer la barbarie des hommes.
Je propose ce poème sous licence créative commons avec reserves :


