Spinoza-scolie-proposition-2-ethique-3À travers cette proposition, il semblerait que Spinoza veuille réaffirmer ce qu’il a déjà clairement démontré dans la deuxième partie de l’Éthique, et qu’on retrouve dans la démonstration de cette proposition à savoir que l’Âme en tant que chose pensante est déterminé selon le mode de Penser alors que le Corps en tant que chose mouvante est déterminé selon le mode de l’Étendue, ces deux modes issus de la même substance divine répondent à des enchainements de causes et d’effets distincts, Âme et Corps par leurs natures ne peuvent donc se déterminer l’un l’autre.
Une fois clairement établie, cette proposition implique d’importantes conséquences quant à la manière dont sont affectés les hommes en tant qu’ils sont une Âme et un Corps. Pour autant ce concept reste totalement incongru à un esprit façonné de longue date par l’idée que l’Âme est non seulement séparée du Corps mais peut également infliger une volonté à ce dernier, ce qui ne doit pas se concevoir d’un point de vue Spinoziste.
Éthique III « De l’origine et de la nature des affections »

Proposition II
Ni le Corps ne peut déterminer l’Âme à penser, ni l’Âme le Corps au mouvement ou au repos ou à quelque autre manière d’être que ce soit (s’il en en est quelque autre).
Par le Scolie de cette proposition Spinoza nous emmène bien au delà de la pensée dualiste, acquise depuis Platon. Premièrement, en nous confrontant à des exemples, l’auteur vise à nous rappeler notre ignorance de la vraie connaissance du Corps et de l’Âme, de leur puissance respective d’agir. Et deuxièmement, il ouvre tout une possibilité nouvelle de compréhension des affections humaines en ce qu’il propose une structure originale de la nature de l’homme, un être constitué d’un Corps et d’une Âme qui coïncident et non pas une Âme en tant que substance habitant dans un Corps constitué d’une autre substance. L’Âme et le Corps sont issus de la même substance, ils ne répondent pas aux mêmes passions, ni aux mêmes affections, pour autant ils les subissent dans le même ordre, ce qui implique que l’homme, parce qu’il fait ainsi, par nature, subit concomitamment les affections de son Corps et les passions de son Âme.

Le Scolie de cette proposition met donc en place tout un processus de pensée qui vise à démonter l’idée fausse selon laquelle notre Âme gouverne à notre Corps, mais tout à la fois invite à ne pas considérer que l’inverse pourrait se produire : que le Corps pourrait contraindre l’Âme. Pour instaurer cette originalité, l’idée à laquelle il faut s’attaquer le plus fermement, car la plus communément admise, est celle selon laquelle l’Âme est seule responsable et seule affectée quant à l’affliction ou la joie, c’est une source de méprise et d’ignorance qui ne permettra pas si on la conserve de comprendre le processus véritable d’affection selon Spinoza. Par ce Scolie, s’entreprend donc la difficile tâche de redonner, voire de donner une puissance au Corps, une égalité d’importance d’avec l’Âme, et reformuler ce que devrait être la vraie nature humaine.

Ainsi, après avoir introduit sa pensée dans la toute première partie du Scolie, Spinoza commence par poser la question que le monde ne se soucie plus de se poser : que sait-on de la puissance du Corps ? Que connaît-on de son potentiel réel par l’expérience qu’on en a fait ? Deuxième question, nul ne sait non plus de manière concrète en quoi « l’Âme meut le Corps ». Dans de telles conditions d’ignorance, impossible d’expliquer concrètement les origines d’une action humaine. Consécutivement, Spinoza rappelle également ce que l’on sait ou croit savoir par l’expérience, 1° « Le Corps serait inerte si l’Âme humaine n’était pas apte à penser »  donc que le Corps sans l’Âme ne peut agir et 2° « il est au seul pouvoir de l’Âme de parler et de se taire » donc que l’Âme impose éventuellement au Corps sa volonté. Spinoza entame alors un second moment qui démontrera la possibilité de tirer d’autres conclusions de l’expérience, du somnambulisme, de la volonté soi-disant libre de parler ou de se taire. Il sera question à la fin de cette seconde partie de liberté, de celle que nous présumons posséder quand nous n’obéissons tantôt qu’au décret de l’Âme (la volonté de la pensée) ou à la détermination du Corps (la volonté du Corps). Suivre une volonté mue par la satisfaction d’un appétit de l’Âme ou une impulsion du Corps n’est pas liberté, c’est avant tout affaire de connaissance des causes de nos actions et nous verrons qu’elle n’est autre que l’appétit lui-même. Dans un complexe et dernier moment du Scolie, Spinoza poussera le raisonnement à son paroxysme en explorant l’expérience du rêve et de ce qu’il permet de conclure quant à notre fausse croyance du libre décret de l’Âme. Il convient, afin de préciser ces notions définitivement inédites et difficiles à saisir pour un esprit cartésien, de reprendre linéairement l’analyse des propos de l’auteur et d’essayer d’en déployer la portée.

Spinoza initie son Scolie en nous renvoyant au Scolie de la proposition VII, Partie II, qui avait expliqué la simultanéité des événements, qu’ils se produisent sous un mode de Penser ou de l’Étendue, l’enchainement des causes et des effets se produit entre les choses et entre les idées dans le même ordre. D’où l’emploi du terme « concordance » entre ce qui se produit dans l’Âme et ce qui se produit dans le Corps. Il s’agit d’une concordance naturelle en ce que l’Âme et le Corps sont les attributs d’une même substance qui constitue pour chacun une cause initiale, conséquemment l’ordre des passions et des actions de l’Âme et du Corps coïncide. Sans doute pour réaffirmer à quel point cette idée est vraie, Spinoza renvoie sans plus y faire référence, à la démonstration de la proposition XII de la partie II. Celle-ci disait que si l’idée d’un objet existe en Dieu, que cette idée arrive dans l’Âme, parce que l’Âme se constitue par Nature en Dieu substance unique et infinie, l’Âme doit nécessairement percevoir cette idée par un principe d’immanence. Sont démontrés ici les liens entre ce qui existe en Dieu et la manière dont cela doit nécessairement se percevoir dans un mode de Dieu, que ce soit dans l’Âme ou dans le Corps. Ce qui enrichie une fois encore la démonstration de la véracité de la proposition II.

À ce point débute dans le Scolie ce que nous expliquions plus haut, à savoir qu’une telle vision de la nature humaine ne peut être acceptée par un « esprit non prévenu » et que selon l’auteur, il sera nécessaire de passer par une « confirmation expérimentale », de faire appel donc à la Raison pour comprendre des phénomènes constatés dans les sociétés humaines. Cela devra passer par une réhabilitation du Corps et de son importance, dévalorisé par le fait que le plus grand nombre est persuadé que l’Âme, par son « art de penser » meut le Corps, et qu’on en déduit que le Corps est une chose sans vie propre, une enveloppe dépendante d’un pouvoir, d’une « volonté » dira Spinoza, autre que celle qui lui est propre, en l’occurrence celle de l’Âme. L’auteur en appelle donc à notre Raison et à l’expérience pour nous remémorer ces questions que l’on se pose quant à l’action de certaines fonctions du Corps qui échappent à notre connaissance, et de prendre comme exemple l’étrangeté des comportements provoqués par le somnambulisme : « cela montre assez que le Corps peut, par les seules lois de la nature, beaucoup de choses qui causent à son Âme de l’étonnement ». Par cette formulation de phrase on peut tirer deux enseignements et saisir une fois encore plus précisément la pensée de Spinoza. D’une part, l’ordre de possession est inversé, Spinoza insinue qu’à chaque Corps appartient une Âme et non plus qu’à chaque Âme appartient un Corps. D’autre part le Corps « peut » et ce qu’il peut produit de l’étonnement dans l’Âme, c’est bien qu’il a un pouvoir et qu’il existe une interaction simultanée, l’étonnement survient alors que le Corps acte. En outre et pour terminer cette entrée en matière, Spinoza rappelle qu’il n’est pas non plus porté à notre connaissance « par quels moyens l’Âme meut le Corps ». Sans quoi tout ce que l’Âme pourrait imaginer faire produire au Corps, elle en aurait la potentielle légitimité si c’était elle qui gouvernait au Corps, or on sait bien que mécaniquement le Corps possède ses propres limites par le simple fait de sa nature, un coude se plie dans un seul sens. Si bien que ne pas être étonné par ce principe élémentaire de physique révèle en fait une pure et simple ignorance des ce que sont vraiment l’Âme et le Corps ! De la même manière, Spinoza ironise sur la façon rocambolesque et l’impertinence avec laquelle un esprit parle cependant qu’il ignore totalement « la vrai cause d’une action ». Là est tout le problème posé à l’introduction de cette troisième partie de l’Éthique, la connaissance vraie de l’origine et de la nature des affections. Une fois bien échaudé par ces attaques successives contre cette pensée dualiste, le lecteur sera prêt à accueillir avec intérêt l’argumentation suivante.

Continuant dans cette deuxième partie à explorer ce que l’on peut tirer avec plus ou moins de certitude de l’expérience, Spinoza fait deux constats : 1° on sait que sans la capacité de l’Âme à penser, le Corps serait inerte et 2° de manière plus nuancée, puisque l’on sait ou croit savoir de l’expérience que l’Âme est a priori toute puissante sur l’acte de parler ou de se taire, on le suppose parce qu’elle produit en son sein une pensée organisée dont le Corps n’a la charge que de le véhiculer. La suite de cette seconde partie du Scolie va consister en une mise à l’épreuve de ces deux déductions tirées de l’expérience. Spinoza ébranle le premier argument en interrogeant l’idée des conséquences d’un Corps inerte sur la pensée, en effet la mort du Corps, voire sa léthargie, ne rend-il pas inapte la pensée ? L’énoncé suivant mérite éventuellement une interprétation plus poussée. Quand Spinoza nous dit que « l’Âme n’est pas toujours également apte à penser sur un même objet et qu’en proportion de l’aptitude du Corps à se prêter au réveil de l’image de tel ou tel objet, l’Âme est aussi plus apte à considérer tel ou tel objet », ainsi peut-on éventuellement comprendre que selon le degré d’éveil, pourrait-on dire d’ouverture ou da capacité à percevoir les images des objets, il existe une interaction directe de proportionnalité à concevoir cet objet en pensée, plus précisément à avoir même « l’aptitude » à penser cet objet. On en déduirait alors, de l’expérience qu’un objet qui rendrait le Corps insensible à sa perception n’aurait aucune existence dans la pensée et qu’au contraire un objet accaparant le Corps par la profusion de ses images alimenterait tout autant l’Âme d’idées, et chacun se verrait simultanément, en proportion et en concorde, affecté et passionné. Les remarques sur ce premier constat que l’on tire de l’expérience ne permettent pas de dire précisément si l’Âme est maîtresse du Corps, ou si c’est l’inverse qu’il faut déduire, l’expérience permet cependant d’affirmer que les deux sont plus qu’envisageable, car ils se produisent en effet. Le Corps de l’homme ne peut expliquer à lui tout seul l’érection de temple ou la création d’objet d’art, l’Âme semble guider le Corps dans l’ouvrage, mais d’un autre point de vue le Corps du somnambule n’obéit plus qu’à lui même alors que l’Âme sommeille, chacun à donc un potentiel qu’il faut lui reconnaître. Pour finir, Spinoza rappelle que jusqu’à présent l’Art de l’homme n’a jamais égalé l’Art de la Nature en ce qu’elle a produit le Corps humain, chose infiniment plus complexe que la moindre architecture humaine, c’est une chose cependant naturelle en ce que l’homme est issu d’une substance infinie alors que lui-même est un être fini.

Spinoza déploie dans un second temps, un argumentaire autour de l’idée que l’on se fait de la liberté en général et de nos actes en particulier. D’un certain point de vue, parce que l’homme parle, ou se tait, qu’il pense le faire parce qu’il le veut, par la volonté de la pensée, il se décrète libre. Or Spinoza nous dit qu’il s’agit là d’un jugement sur les conséquences et non sur les causes, l’acte de parler est l’aboutissement d’une chaîne de causes qui sont nécessairement gouvernées par l’appétit. C’est l’ignorance de ce fait qui conduit l’homme à se penser libre. C’est un principe avéré par l’expérience car en effet, le fait d’être peu affecté par une chose, nous permet un certain contrôle sur notre pensée et notre Corps. Que dire alors d’une chose qui nous affecte vivement ? Il devient impossible dans ces conditions d’avoir un quelconque contrôle sur son Âme et son Corps. Ni l’Âme ne gouverne le Corps, ni le Corps l’Âme, ce sont les appétits qui induisent nos actions, les causes sont d’abord externes, et en ce qu’elles modifient notre Âme et notre Corps, l’acte humain se produit et tend vers la satisfaction des appétits, la décision qui est prise n’est pas décrétée par l’Âme ou le Corps, elle est mue par l’affection, c’est l’affection qui initie l’action. « Nous voyons le meilleur et faisons le pire » ce n’est qu’en acquérant la connaissance du processus d’affection de l’Âme et du Corps, que l’homme pourra connaître la liberté et utiliser sa puissance d’agir afin de voir le meilleur, et faire le meilleur.

Pour nous rappeler la complexité du processus qui conduit l’homme à agir, Spinoza amorce ici une distinction dans les événements qui se produisent tantôt dans l’Âme, tantôt dans le Corps, et qui conduira à la troisième partie du Scolie. En effet, puisque chacun est gouverné par ses appétits, il arrive parfois que l’Âme suive un appétit que le Corps ne soit pas disposé à soutenir, de ce conflit naît le trouble et l’absence d’action, les volontés du Corps et de l’Âme s’annulent ; d’une même façon une personne sans affection, parce qu’elle n’a pas d’appétit à suivre, errera au gré des pensées et des vents, dans l’impossibilité d’agir par sa volonté propre. Spinoza en déduit que l’homme subit certes les affections de deux manières différentes, dans son Âme et dans son Corps, mais que de toute façon ces affections n’aboutiront qu’à une seule action, ce qui renvoie au caractère simultané du processus d’affection de l’Âme et du Corps, « le décret de l’Âme et la détermination du Corps, sont une seule et même chose ». Il reste à pousser l’argumentation à son paroxysme.

Précédemment nous avons vu que l’homme pouvait croire indument au libre décret de son Âme lorsqu’un souvenir lui permettait de contraindre une affection légère, lui permettant ainsi d’avoir une impression de contrôle sur ces actes. Dans ce troisième et dernier mouvement du Scolie, Spinoza cherche à prouver définitivement la cohérence de sa proposition en la poussant jusqu’à l’expérience du rêve. Le rêve, en ce qu’il est constitué de souvenirs, d’idées, d’images d’actes, permet d’offrir un éclairage tout particulier sur la problématique du libre décret de l’Âme et de la méprise des hommes à se croire libres alors qu’ils ne le sont pas. Il permet de questionner la valeur même des idées, en effet, exprimées dans le rêve, les idées n’existent que par elles-mêmes. Qu’entendre alors par souvenir ? Partons de l’idée qu’il s’agisse d’une empreinte dans la mémoire du point de vue de l’étendue, marquée physiquement sur le Corps, et d’une image résiduelle du point de vue de la pensée, matérialisé métaphysiquement dans l’Âme. Considérant cette définition, il est clair d’affirmer comme le fait Spinoza dans ses exemples que le Corps ne peut librement prononcer un mot en l’absence du souvenir de ce mot, tout comme il est clair que l’Âme ne peut librement supprimer une empreinte physiquement imprimée sur la matière corporelle. Nos souvenirs sont donc constitués exclusivement d’idées fabriquées de notre expérience faite dans l’état de veille. Premièrement, parce que dans la veille nous croyons parler ou nous taire d’un libre décret de l’Âme, il est légitime de penser que nous parlons en rêve par libre décret de l’Âme ; deuxièmement nous cachons par libre décret de l’Âme ce que nous savons en rêve pareillement qu’à l’état de veille ; nous rêvons même enfin que notre Âme commande librement à notre Corps de commettre un acte que nous n’osons pas faire pendant la veille. Qu’est ce que cela implique ? Que c’est parce que nous croyons dans la veille que nous sommes libres d’agir par le décret de notre Âme, que nous produisons le souvenir de cette liberté dans nos rêves. Aussi ne faut-il pas confondre… S’il y a une liberté de décret dans l’Âme, elle n’existe qu’en imagination, que par l’existence d’un souvenir produit dans la veille d’une fausse croyance en un libre décret de l’Âme. Ainsi, l’idée de la liberté du décret de l’Âme se forme tout naturellement dans l’idée d’elle-même tout comme « se forme nécessairement les idées des choses existant en acte ». C’est ce que Spinoza avait énoncé dans la proposition XLIX de la partie II. L’idée enveloppe l’idée d’elle même par un principe naturel. Par le brio de cette démonstration paroxysmique, Spinoza se permet alors un bel effet de style : croire que l’homme agit librement par décret de l’Âme ou par détermination du Corps revient à rêver les yeux ouverts ! Magnifique !

Voilà que s’ouvre une voie qui changera définitivement la perception de certains grands penseurs en ce qu’elle propose une anthropologie tout à fait originale, inédite et bouleversante. Le Corps qui n’a pratiquement pas eu de place dans l’histoire de la philosophie quant à son rôle dans l’explication des agissements humains, trouve ici son équivalence dans nulle autre que l’Âme elle-même. Il convient dorénavant de se pencher définitivement sur son analyse, sur sa connaissance et sa compréhension pour prendre pleinement conscience du processus d’affection que subit l’homme. Car si l’on en croit Spinoza, ce n’est qu’en comprenant, qu’en acquérant la connaissance des processus d’affection, que l’on pourra comprendre les actes d’un homme, rappelons-le, c’est bien l’affection qui conduit l’acte, en tant qu’il en est la cause.

Il faut aussi comprendre que par nature, l’Âme et le Corps subissent des modifications différentes en ce qu’ils sont deux modes différents, pour autant il est nécessaire de saisir, parce que l’une comme l’autre sont issus d’une même substance, les affections subies interviennent dans le même ordre, simultanément.

Reste que les exemples choisis par Spinoza ouvriront eux aussi la voie d’un nouveau champ d’analyse, par l’expérience. Le somnambulisme, le rêve, le non-dit, le caché, l’exprimé, le souvenir, on peut y sous entendre l’hypnose, le lapsus, le conscient et l’inconscient, autant de sujet d’analyse et d’expérimentation qui permettront de mieux comprendre l’homme en repensant la place du Corps, du désir, de l’Appetit, et questionner ses actes et sa liberté d’agir dans sa relation aux autres, plus généralement dans la société, plus particulièrement face à lui-même. Ces questions posées par « l’Éthique » conduirons à l’avènement de la psychologie telle qu’on la connaît de nos jours depuis Freud, et qui trouve sans aucun doute, à ce qu’on a pu voir, son origine dans l’œuvre de Spinoza. On peut regretter cependant que le terme même de “psychologie” n’ait pas évolué depuis Platon ou Aristote… Nous qui savons, je crois, aujourd’hui que celui qui ne s’occupe que de l’Âme ne soigne pas le corps, et que celui qui ne s’occupe que du Corps ne soigne pas l’Âme, pourquoi n’avons nous toujours pas rendu grâce à la pensée Spinoziste ? Pourquoi n’avoir pas changé cette terminologie désuète, dualiste, platonicienne, cartésienne, de “psychologie” ? Peut-être même que de choisir un terme plus juste aurait évité de voir chaque jour se confronter les courants psychanalytique et cognitivo-comportementaliste…

Il n’y a  pas que l’Âme qui exprime un logos, il y a aussi le Corps ! Assumons aujourd’hui ce changement de paradigme opéré par Spinoza en 1677, rendons lui cet hommage, bannissons donc la Psychologie et pratiquons dès à présent la Psychosomatologie !

La Pensée, le Corps, leurs langages.

Pour aller plus loin sur la pensée Spinoziste, suivez ce lien…
Et vous pourrez retrouver L’éthique disponible à la lecture en ligne sur wikisourse

Xavier Aliot

Je suis né à Sète le 23 mai 1980, j'ai fais mes études à Montpellier, au lycée Jean Mermoz et ai suivi deux formations à l'École Supérieure des Métiers Artistiques, une en Communication Visuelle, l'autre en Cinéma d'Animation. Mon emploi du temps m'a donné récemment la chance de reprendre un cursus universitaire en philosophie à Paul Valéry et j'en suis pleinement comblé ! Je suis actuellement formateur à CréaJeux, l'école du jeu vidéo à Nîmes, et parallèlement j'exerce en tant que graphiste freelance. Je m'essaye également ça et là à divers projets cinématographiques ou littéraires. Et ce modeste blog me permet de faire partager mon amour des mots, de la poésie, de la pensée, de la création artistique dans son ensemble avec mes proches et une partie du monde francophone connectée au web. Au visiteur accidentel, je souhaite bonne lecture et remercie l'attention qu'il aura porté à mes écrits !

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  • D’abord j’ai tout lu ! et découvert Spinoza (ignare que je suis…), merci donc pour cette initiation philosophique…Pour le matérialiste que je suis l’âme humaine sera à comprendre comme la dimension pensante de l’être humain..
    Le concept d’âme est associé à l’immortalité….je préfère croire à l’intelligence et à la raison ….
    Encore bravo pour cet essai …

  • J’espère surtout ne pas avoir dis trop de bêtises sur ce qu’il nous enseigne…
    Une partie de la pensée Spinoziste est matérialiste dans le sens ou l’étendue qui est la moitié de ce qui compose l’homme est de la matière. Ensuite la première chose à laquelle il nous est permis d’accéder, l’information que notre intelligence formule, c’est la conscience de soi, c’est aussi la base de la pensée Spinoziste, le monde est à notre portée, parce que je me fais des idées de ce monde, et je me fais même l’idée suprême qu’il y a quelque chose pour que je puisse former ces idées, et qu’on appelle l’âme. Toute une seconde partie de la pensée spinoziste est donc tournée vers l’âme, l’intelligence et la raison. Plutôt que d’immortalité, elle est une partie de l’infini et en cela, elle en a la valeur éternelle, tout comme la matière et le corps. C’est avant tout donc, plutôt qu’un dénigrement de l’âme, de la raison, ou de l’intelligence, une réhabilitation du corps. Un rappel à une nécessaire prise de conscience que le corps en ce qu’il peut être affecté par un appétit, nous fait tendre vers une servilité. Une connaissance adéquate, à la fois de ce qu’est le corps et de ce qu’est l’âme nous permettra éventuellement de nous faire accéder à la vraie liberté.

  • […] Films « Spinoza, une étude du Scolie de la Proposition 2, Éthique 3. […]

  • MERCI !!!!

    Il n’a a pas de hasard, juste des évidences…

    Le corps ou l’esprit : qui maîtrise l’autre ? c’était ma grande question et ma maladie. Les épreuves m’ont démontré qu’il n’y a aucune maîtrise, juste la soumission à la condition d’être humain. Donner le pouvoir à l’un : il tyrannise l’autre. Leur communion, dans la douleur ou la jouissance : c’est vivre en symbiose… Libéré, au moins de ce conflit absurde, en adéquation avec soi-même : dans sa véritable nature.

    Le corps concret et l’esprit abstrait ne doivent plus se confronter mais se fondre l’un dans l’autre…alors oui à la psychosomatologie, s’il facilite la communication.

    Etre bien dans sa peau est essentiel à la santé… mentale.

    L’homme a toujours tendance à valoriser l’esprit mais le corps se chargera toujours de lui donner tort en lui rappelant sa véritable nature.

    Corps : raison ? Esprit : déraison ?

    Demeure la peur de mourir et les questions existencielles…

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