Tu as soigneusement prémédité la carte
Qui a fait de moi, Roi, te conquérant, toi, Reine.
Dans mes bras, tu t’étales, telle ma souveraine,
Doucement, tu m’embrasses, quand soudain, tu t’écartes.
Te revoilà enfin, promenant ta pancarte
« Je te veux chevalier, envahi mon arène ! »
Et puis non, tu détales. Mais où tout ça nous mène ?
J’ai à peine eu tes grâces qu’aussitôt elles repartent…
Ne te rends-tu pas comptes, que je suis fou de toi ?
Mes espoirs se démontent, peu à peu se nettoient,
Le rouge se fait blanc et tous tes mots, courtois…
J’ai tout misé voilà, sans mesurer l’enjeu…
J’aurai dû, oui, sans honte être plus courageux
Et te dire que pour moi, ce n’était pas un jeu.

