Archive pour juillet 2010
L’esprit
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes, Politique le 21 juillet 2010
On peut bien ajouter de la coercition
Multiplier les lois, la force dans la rue,
Envoyer la police supprimer les verrues…
Ce n’est pas comme ça qu’on bâtit la nation.
Est-ce que c’est redouter de finir en prison
Qui fait taire ? Mais qui ploie, au bout ? Blanc ou écru ?
Marianne ambassadrice, ce sont eux les intrus,
Désunion, différence, peurs et arrestations…
Où est passé le temps où chacun des enfants
Portait ton nom bien haut, voulait mourir pour toi
En prenant ta défense et mesurant son prix ?
Dans mon pays la France, l’air devient étouffant ;
Nous étions libres, égaux, frères, et au fil des mois,
Ils ont bu ton essence et en ont tué l’esprit.
Où l’argent est-il parti ?
Posté par Xavier Aliot dans Politique le 18 juillet 2010
On découvre récemment qu’il se serait formé un peu partout des petits partis politiques de poche visant à promouvoir, mais surtout à financer les campagnes individuelles. Ceci permettant de contourner la loi votée par les mêmes politiques pour financer les partis. Que dit la loi ? Elle interdit à un particulier de verser plus de 7500€ par an et par parti. En période éléctorale le plafond descend à 4600€, il faut le savoir au cas où ça intéresserait quelqu’un d’entre vous qui aurait ces sommes à dépenser pour financer le manque de créativité. Par ailleurs, si le don est supérieur à 150 euros alors il doit être nécessairement établi par chèque. Enfin depuis 1995, les dons des personnes morales (les entreprises par exemple) sont strictement interdits.
Où sont les idées ? Parait-il qu’une commission se réunirait pour réfléchir sur les conflits d’intérêts. Pour vous messieurs les futurs rapporteurs, j’ai une proposition qui pourrait éventuellement aider cette pauvre petite loi à se faire respecter.
Pourquoi ne pas réfléchir à mettre en place un organisme indépendant chargé de récolter les dons des particuliers destinés à aider le financement des partis politique en France ?
On pourrait même lui donner le nom de « Don aux Partis Politiques Français ». Cà jette comme ordre sur un chèque. Pour chaque don, un bordereau accompagnerait le chèque, avec mentionné le destinataire du don (le parti politique légal, officiel et public), le montant etc. L’organisme disposerait de la liste intégrale des partis politiques existants en france et la présenterait publiquement de manière à ce qu’elle soit connue de tous, et tout, j’ose le rêver, se ferait dans la transparence la plus totale. Cet organisme pourrait être financé grace à un prélèvement aux dons de l’ordre de 0,1% du montant, ça fait toujours plaisir de financer aussi la transparence, l’officine n’aurait besoin que d’un staff réduit, un bon logiciel de compta, et serait soumis à une surveillance accrue de ses comptes par les organismes compétents. Il reverserait ensuite en toute transparence l’argent généreusement distribué par ceux qui soutiennent l’action politique. Il serait même éventuellement envisageable de redistribuer une part de tous les dons à tous les partis politiques proportionnellement au nombre d’adhérents dont ils disposent, ce serait une belle manière de valoriser la démocratie, mais je reconnais que cette dernière idée relève de l’utopie.
Allé cet article est libre de droit, je le propose sous creative commons, partagez le, publiez le, modifiez le, diffusez le si bon vous semble ! À bientôt citoyens !
MàJ rajouté le 23 août 2010, pour tous ceux que l’article a interessé, les commentaires approfondissent le sujet en évoquant notamment l’existence de la CNCCFP, quelques chiffres interessants sont à noter…
Lapsus grammatical et fonte de la France
Posté par Xavier Aliot dans Politique le 12 juillet 2010
Notre cher président, Nicolas Sarkozy, s’est expliqué ce soir sur France 2, concernant toute sorte de sujets tous plus brûlants les uns que les autres.
Personnellement, je me suis arrêté sur une tournure de phrase que j’ai trouvée fort étonnante, il m’a semblé s’agir d’un lapsus grammatical…
Contexte : David Pujadas interroge le chef de l’état sur les économies engagées au sein de l’état, et se demande pourquoi la réduction de fonctionnaires n’a pas eut lieu à l’Elysée… Le chef de l’état dément en affirmant avoir aussi réduit l’opulent train de vie de l’Elysée, et que c’est de surcroit, le premier président à effectuer ce genre d’économie dans l’histoire de la Ve république, c’est là qu’il affirme qu’avant :
« Le président faisait ce qu’il veut »
On aurait dû entendre « Le président faisait ce qu’il voulait« , c’est la règle de la concordance des temps, au delà de ça, c’est un peu la logique qui impose d’employer le passé à la fin d’une phrase qui commence au passé.
C’est là que le trouble opère. Si notre président finit sa phrase au présent, l’avait-il dans sa tête en toute logique commencée au présent ? Voulait-il dire inconsciement que le « président fait ce qu’il veut » ?
C’est un mystère.
Cependant, force est de constater que face aux questions du genre : « Vous souciez-vous des manifestations, des manifestants, de leur nombre, feront-ils en sorte de vous faire reculer sur les réformes ? » La réponse est clairement « non », le président n’est pas élu pour faire ce que le peuple exprime, mais pour faire ce qu’il pense bon pour lui, ça au moins c’était clairement exprimé, sans lapsus, pudeur ou état d’âme. Il aurait pu (ou dû) dire que le président est élu pour faire ce que la majorité qui l’a élu lui a demandé de faire, ou encore que sa politique ne doit pas être conduite par la minorité qui ne l’a pas élu, mais dans ce cas là aurait-il eut raison de le dire de cette façon ? Avec 33 points d’opinions favorables, je ne pense pas…
Au fond ce qui m’attriste le plus, c’est l’éternel refrain : « les autres l’ont fait, nous ne pouvons donc pas faire différemment, c’est le monde nouveau qui veut ça » (bouclier fiscal allemand, suppression de l’ISF en espagne, retraite à 65 ans dans les autres pays d’europe, dixit le chef de l’État), et qu’à force de faire comme les autres, on ne fait plus comme en France.
Pourquoi ne serait-ce pas les autres pays qui s’inspireraient de nos idées ? Là j’ai la réponse… C’est parce que nous n’en avons pas, parce que nos leaders politiques n’en ont pas. Ce qu’il nous faut en politique, c’est de la créativité, de l’inventivité et non du suivisme et de l’imitation, surtout quand il s’agit de s’engouffrer plus avant dans le néolibéralisme.
Tiens ! Au hasard, j’en ai une moi, chômage des jeunes, sénior en pré-retraite, pourquoi ne pas organiser des temps partiels progressifs de manière à opérer la transition des fonctions et la transmission des savoirs, on embauche un jeune à 25% tandis qu’un sénior ne travaillerait plus que 75% de son temps de travail, l’un est formé par quelqu’un de compétant, il met un pied dans l’entreprise tout en étoffant son CV de l’éternelle première expérience, l’autre diminue sa charge de travail progressivement avec les années tout en continuant d’être une force vive pour le pays… Et pourquoi ne pas imaginer un processus qui dure sur 2, 3 ou 5 ans diminuant la part de l’un pour augmenter la part de l’autre, jusqu’à la retraite du sénior et l’embauche du jeune ! La solidarité inter-générationnelle, une idée ?
C’est peut être une mauvaise idée, mais c’est une idée. Où sont vos idées Messieurs les politiciens Français ? Dans les autres pays ? Il fût un temps où d’autres que vous, en France, à l’assemblée nationale, avaient l’éminence et l’éloquence remarquables et changeaient le monde en l’inventant et le réinventant, non en le subissant.
J’ai cette impression que la France est en train de fondre dans un moule mondial, mais fondre ne me semblait pas être le mot adéquat. Il se trouve qu’en cherchant quelques synonymes, je suis tombé sur ceux-là : »se précipiter, se ruer, foncer, attaquer, disparaître, se jeter, diminuer ou encore amalgamer ». Au fond c’est bien de fonte qu’il s’agit, et la moiteur des beaux discours y suffit.
Je ne saurais vous conseiller, mes chers concitoyens, de conserver toujours à portée de main un beau « sceau » rempli d’eau fraiche marqué des mots de notre chère devise républicaine enfin de vous éclabousser les idées les quelques jours où d’obscurs charlatans auraient tôt fait de les ternir.
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(Mise à jour 13 juillet 2010), j’évoquais dans cet article ce que Nicolas Sarkozy avait copié entre parenthèse, entre autre le bouclier fiscal allemand. Selon le post, dans un article publié hier, le bouclier fiscal allemand n’existe pas… Si en plus de ne pas avoir d’idées, on copie celles que les autres ont jugées bon de ne pas suivre, c’est pas gagné…
Qu’elle
Posté par Xavier Aliot dans Poèmes le 9 juillet 2010
Il est toujours un peu de nous qui s’éparpille,
Qui se brouille à mesure que la vie nous rejette
À notre solitude. Et ce qu’on paye en dette
C’est un bout de soi-même, un morceau qu’on nous pille.
On nous ôte le coeur comme on tire la goupille
D’une grenade mure, attendant que ça pète,
Semant la turpitude des humains, non, des bêtes !
Assez qu’on me divise ou bien qu’on me houspille !
J’ai soif que tu soutiennes ma coagulation,
Du retour des parcelles de moi en perditions
Que d’autres ont explosé par de viles querelles.
Qui d’autre que toi sait ma constellation ?
Qui pourrait ordonner tant de déflagrations ?
Toi seule ma compagne ! Non, personne d’autre qu’elle.


150€ la valeur sentimentale… premier commentaire de pub
Posté par Xavier Aliot dans Commentaire de Pub le 4 juillet 2010
Il y avait longtemps que je voulais faire « un commentaire de pub ». À chaque fois qu’il m’arrive de me confronter à la publicité, il y a toujours un mot, une image, une tournure de phrase qui me saute aux yeux ou aux oreilles et que j’ai du mal à laisser passer sans un grincement de pensée. Voilà donc une nouvelle rubrique (commentaire de pub) qui se fournira à mesure de l’apparition de nouvelles perles télévisuelles…
Donc voici l’objet du délit : « Mes objets de coeur, Allianz Assurance »
Grosso modo, on apprend dans la pub télé qu’Allianz assure aussi les objets qui ont une valeur sentimentale, « formidable » à première vue.
Voilà l’information relayée par leur site internet :
Certains objets comptent plus que d’autres à vos yeux ?
Très souvent, leur valeur n’est que sentimentale.
Grâce à L’assurance habitation Allianz*, les objets qui comptent pour vous comptent aussi pour nous.
Avec « Mes objets de coeur », en cas de vol ou d’incendie chez vous, nous vous versons une indemnité complémentaire de 150 € par objet, jusqu’à 3 objets de votre choix.
Le plus Allianz
Choisissez librement jusqu’à 3 objets :
l’ours en peluche de votre petit dernier, vos premiers chaussons de danse, une bague reçue en héritage, le livre de cuisine transmis par votre grand-mère, un simple bibelot…
Je me pose une question :
Qu’est ce qui fait la valeur d’un objet sentimental ?
Et bien justement, à mon sens ce qui fait la valeur d’un objet sentimental, c’est qu’on ne peut pas mesurer sa valeur pécuniaire, un doudou n’a pas de prix, sa valeur se construit au fil des ans, dans sa relation, dans nos souvenirs, dans le sentiment qu’il nous procure.
Alors que comprendre de cette offre ?
Si ma maison crame, qu’on me vole mon doudou, Allianz me le rembourse 150€. Mince je suis bien embété, c’est un objet qu’on m’avait offert, un cadeau, ça non plus ça n’a pas de prix. Bon qu’a cela ne tienne, je me rachète le même, génial en plus il vaut même pas 15€ ! Re-mince, c’est pas mon doudou… Le mien avait un sens, il avait une valeur, une valeur sentimentale…
Alors bien-sûr, c’est une bonne initiative que de prendre en compte le préjudice causé par la perte d’un objet dont la valeur n’est « que » sentimentale, et de décider d’offrir une prime. Ça console.
Alors bien sûr Allianz répond à une demande, celle, j’imagine, de tous ces gens qui, dans la douleur d’un accident de la vie, perdent des objets qui ont tant de valeur, mais qui n’en ont pas… Que faire alors quand on est une grande compagnie d’assurance ? On répond au besoin, on offre un service, on le vend et on satisfait une clientèle. La solution par l’argent, la consolation par l’argent, encore un sentiment qui disparait au passage.
Finalement, ce qu’on en retient, c’est qu’Allianz a estimé le prix d’un objet sentimental, d’un sentiment donc, d’un souvenir, d’un cadeau. C’est 150€. Si j’étais moi, je ne dépenserais pas d’argent pour payer une police d’assurance qui me rembourserais mes sentiments perdus. Je préférerais ne pas les avoir dans mon portefeuille, mais plutôt les garder dans mon coeur.
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