Archive pour mai 2010

Monde

En rondeur  et  en drame, chaque jour en ton sein
Se prépare en secret, l’avènement prochain
D’une apparition neuve, d’une vie qui fourmille
Et grossi dans ton ventre, un garçon, une fille.

Et grammes après grammes, tu lui offres un dessein
Qui pour l’instant discret, se dessine au fusain.
Tu l’attends cette épreuve, te plonger dans ses billes
Et déplacer ton centre, agrandir ta famille.

Et comme dans un séisme, l’univers se déchire
Quand saisie de douleur, on vient te dire le pire…
La vie qui était là, est soudain vagabonde.

Après ce cataclysme, ton unique élixir
Est d’éteindre tes pleurs, et croire au souvenir
Que l’on peut exister sans jamais voir le monde.

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Dieu

Souffle le vent, souffle, apparais dans les feuilles,
Je te sens mais pourtant, non je ne te vois pas…
L’invisible invincible ne se brisera pas
Sur ma mine sensible qui n’a plissé qu’un oeil,

Et soudain je m’étouffe, à mes lèvres, en leur seuil
J’attends que l’air me vienne, mais il ne me vient pas,
Mes viscères se dévissent et j’ai mon coeur qui bat
Qui s’anime indicible et reprend de l’orgueil !

Je vis ! Oui, je suis là. À deux doigts d’un adieu,
Je suis passé devant. Il ne faut qu’un instant
pour que tout redevienne en bordure du temps,

Je vis, je suis bien là, à contempler l’étang
Tout est calme et pourtant, j’ai en moi, je la sens
une puissance intime, l’inspiration ! Un Dieu.

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