Archive pour avril 2010

Monts

Démence ardente en toi, aie un peu de patience,
Ô tu dois te languir de l’assouvir ce vil
Et bas désir viril, toi le maître des villes
De mettre entre ses murs, ta corne d’arrogance.

Une heure, un jour, un mois, calme l’incandescence
Qui fait tes doigts raidir, qui te rend incivil
À rêver d’un ébat, qui te rendrait servile
À t’omettre en murmure d’argo, d’impertinences.

Entends plutôt les anges, et fait taire les démons,
Ils savent mieux les routes qui mènent à l’orgasme,
Celles qui sur son espace feront naître les spasmes…

Tends lui plutôt l’échange et nourrit ses fantasmes,
Car c’est elle qui doute et qui recherche l’asthme.
Aide la qu’elle dépasse le plus divin des monts.

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Mai

Douze arbres en feuilles se présentent et me disent
Brise, de quelle saison ils sont, et moi j’écoute,
Mais mal apprivoisées, mes oreilles en déroute
Subissent l’indigence de n’ouïr que sottises.

Et ces grands troncs de Pise, sans l’ombre d’aucun doute,
Ont sur moi une emprise, qui si on l’analyse,
A bien l’étrange attrait d’un baiser, douce bise,
Tant leur intelligence, c’est certain, les vaut toutes.

Ils m’apprennent le temps en s’exposant l’été,
Puis quand novembre pleure ils s’ornent de rouge,
Et une fois saigné, ils sont nus face au jour.

Voilà qu’après la neige et quand plus rien ne bouge
Se rejoue un prodige et rédigé toujours
De printemps et prestige tous les premiers de mai.

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Ce met

Formes de gourmandise et framboise en dentelle,
Échancrée de douceur, elle me tend sa poitrine,
Ses deux taches cerises sur sa peau de farine ;
Plus rien ne retient l’orge, pas même une bretelle

Ne vient tenir sa gorge que je trouve si belle ;
Et je marche à l’emprise de ses deux mandarines,
Enchanté par l’odeur de son cou saccharine,
Ô que j’en suis friand ! Disent mes yeux fous d’elle,

Et ce flou m’atomise et me rend parsemé,
Sans dessus ni de sens dans mes mots, dans mes phrases,
Tant ma langue s’égare d’acidité, d’extase,

Tant mes papilles dansent et traduisent l’emphase
Et la belle indécence de mon envie grivoise…
Qui pourrait resister à épuiser ce met ?

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Un beau matin

Grande horloge murale ronde et remontée,
Je te regarde pâle faire tourner tes pales,
L’une est immuable mais l’autre cavale,
Et dans mes doigt le sable redonde à tomber.

Dores et déjà je râle à devoir succomber.
Heureux, mon temps s’étale et rend le rond ovale.
La seule impérissable, c’est la pierre tombale,
Elle m’attend si stable là haut sur la montée.

Car elle viendra mon heure, me cueillir au lointain,
Comme elle sonne à chacun sa sentence secousse,
Qui d’un état d’éveil, nous endort en nuit douce…

En attendant l’honneur qu’elle se colle à mes trousses,
Je ne laisserais aucun sauveur à ma rescousse
M’ôter d’un sommeil d’or, m’ôter d’un beau matin.

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