Archive pour septembre 2009

Avis

La nature m’a donné cette capacité
Étonnante de dire que j’ai une existence.
Je sens que je respire, que j’ai une importance
Je le sens, mon beau nez, avec sagacité.

N’étant pas abonné à la perplexité,
Voilà que je transpire d’une horrible impotence…
Que vais-je devenir s’il me manque en substance
De la chose, cerner ? Sages opacités ?

Trop de questions, de doutes, que les hommes ont suivis
Jusque dans la folie d’en étudier le sens !
Qu’ont ils donc réussi à une telle insolence ?

Tuer la poésie au profit de la science.
Si j’avais à écrire ce qu’est pour moi la vie,
Je serais impoli d’en donner mon avis.

, , , , , , , , ,

Un commentaire

Houle

Ça ! Il me rend malade ce plan qu’on me colle,
Je dois aller là bas à la chaîne on enrôle !
Ils l’hurlent, ils le crient, ils déchaînent les cymbales
Pour une place de tôlier qui fait même pas cent balles !

C’est vrai qu’en poésie, on n’avale que dalle,
Avec ce boulot là, on se fait porter pâle
Dès que les mots s’étiolent… Oui, mais quand l’âme est folle
Il n’y a plus de dédale, plus besoin de boussole,

On peut hisser les voiles, l’inspiration découle
Comme l’eau déloyale de la parole saoule,
Louant l’ondulation de révélations molles…

Prolétaire sans fonds, je suis mieux bénévole
Dans la lame de fond qui m’amene à l’alcool
D’un délicieux poème enlevé par la houle.

, , , , , ,

Pas de commentaire

En hommage aux partisans et résistants de la guerre

Un cerf.

Promenade cachée, un panier à la main,
Cette nuit, en ces ruines, tu vas te faufiler,
Aller outre les mailles affutées du filet
De la rue, dans la bruine, pour y tuer l’inhumain.

Tu te bats pour David, Géraldine ou Romain,
Pour les tiens, la marmaille, qui partent défiler
Sous l’enfer, la mitraille, sous les corps empilés,
Tu leur donnes ta vie, cette nuit, et demain.

Partisan, résistant, tous nos coeurs se resserrent
Sous le poids de tes pas qui avancent et trépassent
Pour que la liberté ne trouve pas d’impasses.

Camarade ce don, c’est le peu qui embrasse
La balle du fusil que l’on tire à la chasse,
Pour que par ce baiser, il ne tue pas un cerf.

, , , , , ,

Pas de commentaire